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Plate-forme d'opérations de NANTUA - PORT (Ain)

La décision de créer une plate-forme d'opérations d'une centaine d'hectares près de Nantua, sur le territoire des communes de Port, de Brion et de Saint-Martin du Fresne, fut prise par le ministre de l'Air en mars 1938.

"Choisi dans une plaine fertile enclavée entre des montagnes boisées et constituant le seul terrain cultivable de la Région", l'ensemble retenu pour recevoir le camp d'aviation (aplat orangé sur la carte) était morcelé en un grand nombre de "lopins appartenant aux familles de travailleurs ruraux des villages environnants" dont "l'esprit individualiste s'opposait invariablement à toute tentative de réunion des parcelles contiguës et de remembrement agricole".

Décrite en ces termes par l'inspecteur des Domaines de Nantua pour justifier son évaluation à son administration supérieure, cette situation annonçait dès l'origine que si l'appel aux décrets-lois du 30 octobre 1935, prescrit par le ministre de l'Air le 22 juin 1938, levait toutes difficultés pour la prise de possession des terrains – celle-ci eut effectivement lieu dès le 1er septembre de cette même année – il n'en serait pas de même pour leur acquisition.

Ainsi, dès l'origine, les formalités d'acquisitions foncières furent-elles compliquées par l'intervention inopinée d'un démarcheur se prétendant capitaine de réserve, ancien juge de paix, et avoir de hautes relations et de puissants appuis, tant dans les milieux politiques que dans les ministères.

Se targuant de faire élever les offres d'indemnités faites aux expropriés, il se faisait remettre par ceux-ci des bons de commission lui garantissant des honoraires de 5 %. Le chef du Génie de Lyon-Air ayant saisi le procureur d'une demande d'ouverture d'information, le démarcheur en question renonça bien vite, en février 1939, aux mandats qui lui avaient été donnés par les propriétaires pour traiter en leur nom et disparut définitivement du paysage.

Il n'en demeure pas moins que l'instruction ministérielle donnée au Génie de préserver le caractère secret de l'opération en évitant notamment "toute mention de nature à préciser la destination des terrains à acquérir" avait perdu là tout espoir de résultat.

Un autre événement perturbateur intervint en mai 1940 alors que les trois quarts des propriétaires, n'ayant pas consenti à un règlement amiable, avaient finalement adhéré à l'ordonnance d'expropriation, elle-même rendue en août 1939, et attendaient impatiemment depuis d'être indemnisés.

C'est ainsi que, regrettant leur résignation, ces propriétaires eurent connaissance du texte d'une lettre adressée par le cabinet particulier du ministre de l'Air à un parlementaire, lettre dans laquelle il était annoncé que la réquisition d'usage, à laquelle l'état de guerre permettait d'avoir recours, serait employée à Nantua de préférence à l'expropriation.

Juin 1940 étant intervenu sur ces entrefaites, il faudra attendre le mois d'octobre pour que, venant au secours du chef du Génie de Lyon-Air, le secrétaire d'État à l'Aviation du gouvernement de Vichy confirme qu'en raison du caractère définitif de l'ordonnance d'expropriation il ne pouvait être envisagé de lui substituer la réquisition d'usage de l'emprise transférée en toute propriété à l'État.

Restait le cas de dix propriétaires irréductibles, pour lesquels la commission arbitrale d'évaluation, réunie en octobre 1942, homologua à peu de chose près les offres de l'administration. La procédure d'expropriation put ainsi à la Libération être déclarée terminée au ministre de l'Air par sa section lyonnaise d'acquisition.

L'aérodrome de Nantua - Port ne connaîtra pourtant jamais, par la suite, une quelconque activité aéronautique, de sorte que ne sera jamais levée l'interdiction "provisoire" à la circulation aérienne publique prononcée à son encontre par l'arrêté ministériel du 6  février 1947.

L'aérodrome échappera néanmoins aux trains successifs d'aliénations destinés à procurer de nouvelles ressources au Trésor et ce du fait de la persistance du service de la Formation aéronautique à vouloir conserver le potentiel de la plate-forme pour le moment où l'Aéro-club d'Oyonnax, qui projetait de l'utiliser, pourrait justifier d'aménagements sur son propre terrain conformes aux prescriptions conditionnant son ouverture à la circulation aérienne publique.

Le terrain n'ayant jamais été utilisé en tant qu'aérodrome, le ministère des Armées "Air" pourra finalement, en 1962, faire valoir son appartenance au domaine de Défense pour ordonner lui-même sa remise aux Domaines en vue de son aliénation.

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Carte IGN Série bleue et TOP 25 au 1 : 25 000
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